Publié par : lukmah | 16 février 2013

Du désert et de ses silences

1377 km à vélo de Ensenada à La Paz au travers de la péninsule désertique de la Baja California.

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14 jours de voyages sur une route unique plein sud.

Au 3e jour, je rentre vraiment dans le silence de ces étendues vides, balayées par le vent et peuplées de cactus.

Un silence incroyable sur cette route faite de lignes droites allant jusqu’à 70 km de long.

Le silence de la solitude, vécue avec plaisir au milieu de ces immensités où la route se fond litteralement dans le bleu de l’horizon.

Le silence sous les étoiles innombrables du bivouac en plein désert. Juste interrompu par le vacarme des énormes trucks et autres 4X4 qui montent vers le Nord ou descendent vers le Sud.

Le silence de l’incompréhension parfois… mon espagnol doit encore s’améliorer. Ce silence-là est souvent suivi de rires.

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Et puis il y a le silence qui n’en est pas un. Celui que le vent peuple de souffles froids le matin ou parfois torrides l’après-midi. Le vent salé près de la mer de Cortez ou de l’océan Pacifique, le vent humide dans le brouillard des départs matinaux. Le vent dans le dos avec lequel on joue et avale les km.

Il y a le silence des disparus aussi. La carretera Uno est un cimetière tout en longueur où s’égrenent les croix et les chapelles multicolores des accidentés. Ou cette affiche à côté du distributeur d’eau dans un café qui rappelle que la vie humaine n’est pas une marchandise. Et d’appeller à lutter contre le trafic d’êtres humains dont sont victimes de nombreux migrants de toute l’Amérique du Sud en quête de l’eldorado étatsunien…

Il y a le silence et les rencontres. Je vélote une bonne part du trajet avec Marti et David, un couple de pensionnés du Wisconsin, et arrive à La Paz en compagnie de David, Espagnol dans la quarantaine questionnante…

Il y a le silence et les chansons pour le remplir. Brel, Aznavour, Moustaki, Ferrat et Mercedes Sosa m’accompagnent sur la route. Les cactus doivent encore se lamenter de ma version de « Que serais-je sans toi? » de l’ami Ferrat et de « Une île » du grand Jacques…

Bref, il y a beaucoup de silences différents dans le désert…

————————–

Pour les véloteurs :  je recommande chaudement ce beau trajet. 100 km de moyenne par jour, un bon vent de dos la plupart de temps et une seule fuite. Ce que je trouve honorable apres environ 2700 km à velo. Por supuesto, c’est une épine de cactus…


Responses

  1. Tous ces silences mènent vers la philosophie
    Toujours heureuse de te lire

  2. Balaise, le mec ! T’as pu boire pendant 14 jours? et je rêve où tu n’as plu de crème solaire?
    Enfin, bref, chapeau !

  3. Bonjour LUC

    Un grand plaisir de lire tes beaux mots sur ton périple en vélo Formidable !

    Ici, au bangladesh à la fin du 27ieme et denier voyage Damien en bicyclette avec les jeunes de quelques collèges et… Gaetan comme hôte francophone

    Bien à toi LUC

    Sent from my iPhone

  4. Luc, on entend les cactus se plaindre jusqu’ici ! Je n’en peux plus. Je pars dimanche pour une semaine de voile autour de Saint-Martin. As-tu trouvé ton rafiot pour revenir en Belgique ?


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